L’amie unique (par Hély Y.)

Hély a écrit une courte nouvelle sur le thème de la haine. La voici.

Pensive, elle faisait comme à son habitude les cent pas, mais cette fois-ci sous la pluie, n’ayant qu’un simple gilet pour se couvrir. Trempée, les mains dans les poches, elle avançait sans forcément savoir où elle allait. Tout ce qui comptait à ses yeux, c’était d’avancer, sans même connaître sa destination et peu importe de quelle manière elle le faisait: il lui fallait avancer.

Elle trouvait ce monde si vaste, si superficiel et si dur à comprendre, qu’à chaque pas qu’elle faisait, elle ne cessait de penser à sa vie, à tout ce qui l’entourait et à ce que les gens pensaient d’elle. Chacun de ses pas représentait pour elle de nouvelles découvertes, de nouveaux horizons et de nouvelles pistes à explorer. Elle n’avait pas peur de l’inconnu car elle ne connaissait même pas le sens de ce mot-là. Pourtant, elle le côtoyait chaque jour.

Depuis sa plus tendre enfance, une seule chose ne cessait de la contrarier. En effet, elle ne comprenait pas pourquoi elle n’avait jamais réussi à apprécier une personne en particulier malgré tous les efforts qu’elle faisait. Cette personne était sa seule amie. Elle ne comprenait pas pourquoi elle la détestait: elle avait pourtant de nombreuses qualités, tout le monde l’adorait et l’adulait pour son talent et sa sympathie. Mais elle, non: elle la trouvait banale et comme les autres.

Un jour, elle comprit que le sentiment qu’elle ressentait envers cette amie et qui grandissait en elle n’était en réalité que de la haine. Pourtant elle n’avait aucune raison de la jalouser. Elle avait tout ce que l’autre avait.

Elle tenta désespérément et à de nombreuses reprises de se forcer à l’aimer et de transformer ce sentiment de haine qui la rongeait mais ce fut vain.

Même en grandissant elle ne cessa de la haïr: elle voulait la voir disparaitre. Pour elle, cette personne rendait chacune de ses pensées terriblement amère et elle trouvait qu’elle polluait son esprit.

En fait, cette personne, c’était elle. Elle-même.

Ne pouvant plus supporter la haine grandissante qui trottait dans sa tête, elle décida de mettre fin à ses jours afin de ne plus ressentir ce sentiment violent qui la poussait chaque jour à se faire un peu plus de mal et de se reposer dans un monde d’oubli et de paix.

Cette « elle » n’a pas de prénom car de nombreuses personnes peuvent se retrouver et s’identifier à « elle ». De nos jours, la société nous dicte ce que nous devons être et ce à quoi nous devons ressembler pour correspondre à ses normes sans forcément se soucier de l’aspect intérieur de chacun(e) d’entre de nous, sous peine d’être jugé. Avoir de nombreuses qualités et être adoré de tous, c’est bien mais cela ne suffit pas à combler le vide intérieur qu’on peut ressentir. A offrir du bonheur. A ressentir de l’amour pour soi et aussi pour ses proches.

«  Tu veux que les gens t’aiment mais tu te détestes »  – Louis Aoda.

Musique à écouter : https://www.youtube.com/watch?v=bQxEksMT1Js

Le regard (par Djine B.)

Djine a écrit un blason (un court poème faisant l’éloge d’une partie du corps) et il a choisi de s’intéresser aux yeux et à ce qu’ils véhiculent.

Le regard est une chose personnelle,

Il ne s’exprime pas de façon intentionnelle…

En fonction des moments et des personnes,

Les cœurs tels des coups de cloche résonnent

Lorsque l’on est face à une personne qui nous attire,

Le regard à l’image d’un revolver tire

Cherchons un regard amoureux et mielleux,

Car il est si simple de nous rapprocher ainsi des dieux

A l’inverse d’un regard rempli de colère,

Rendant l’atmosphère aussi froide que le fer

Pour moi, un regard vaut mille fois des paroles

Car il sera toujours plus explicite et poignant qu’une banderole.

Petites habitudes journalières (par Thibault A.)

Voici le texte autobiographique écrit par Thibault avec une franchise déconcertante. Cela vous permettra de cerner un peu le personnage…

Je me fais généralement réveiller par un mélange de réveil sonnant et par mon chat venant réclamer de l’attention. Je me lève quotidiennement avec l’affreuse envie de me recoucher une heure, peut-être deux… Mais, cela reste souvent un rêve bref car je suis toujours rattrapé par la réalité : cinq minutes à câliner Jimi et c’est parti. Je suis très attaché à mon rituel matinal. Il me faut une petite heure afin de préparer mon petit déjeuner, le manger, prendre ma douche, m’habiller et me brosser les dents. Ce n’est seulement qu’après tout ça que je me sens vraiment ready. Un dernier regard dans le miroir, et me voilà parti pour une journée type. Je marche quinze minutes en direction du RER tout en lisant un livre car je connais le chemin par cœur et je le fais par automatisme (il m’arrive même de somnoler et de me rendre compte que je suis déjà à l’autre bout de la ville). En arrivant à la gare, je me faufile discrètement derrière quelqu’un afin de profiter de son pass Navigo − une jolie demoiselle la plupart du temps −et je n’oublie pas de la gratifier d’un grand sourire et d’un chaleureux « merci ». Quand ce sourire m’est rendu, il m’arrive de lancer la conversation pour que le temps d’attente soit plus vif et cela ne fait pas de mal de commencer la journée avec quelques mots à une étrangère.

Une fois dans le RER, trois stations me séparent de ma destination – je ne suis décidément pas à plaindre. Ces stations ainsi passées, je descends en m’assurant qu’aucun contrôleur n’est en vue, ce qui a souvent comme conséquence d’accélérer mon rythme cardiaque – je crois d’ailleurs que je commence à aimer ça. De toute façon, la chance a toujours été de mon côté. J’ai toujours réussi à éviter les amendes et il m’est même arrivé de trouver 50€ quelques minutes après avoir donné une fausse identité à un contrôleur RATP. Un signe ? Peut-être bien.

On pourrait croire que je suis très avare pour ne pas payer mais ce n’est pas du tout ça. Je ne gagne pas assez et, si je devais payer 75€ par mois, je n’aurai plus assez de sous pour finir le mois. Oui, 100€ d’assurance automobile par mois, ça fait mal aux fesses. J’ai longtemps eu du mal à me rendre compte de la vraie valeur de l’argent mais, maintenant que je travaille, j’essaye de le dépenser intelligemment, en n’omettant pas de faire des cadeaux à ma famille et à mes amis proches.

L’incroyable vie d’Anthony D.

La consigne était de réaliser un petit texte autobiographique à partir de questions précises et Anthony l’a fait non sans humour…

J’ai souvent tendance à reproduire le même schéma de vie: le réveil sonne, je tarde à me lever. Je me lève donc dans la précipitation, je mets la musique, − souvent les mêmes musiques pour me réveiller −, je prends ma douche, je m’habille puis je pars de chez moi afin de me rendre au CFA ou au travail. Sur le quai du métro je me mets toujours à l’endroit du 2e wagon: je sais qu’il n’y a personne dedans. Je déteste être collé aux autres, cela me met mal à l’aise et me rend nerveux.  Sur la ligne 4, je me mets à l’arrière car je ne veux pas marcher en descendant du quai à porte d’Orléans. En arrivant au CFA, je prends toujours un café, −  au travail aussi d’ailleurs. Je commence toujours par un café. Le soir, en rentrant, je vais faire les courses; les lundi, mercredi, vendredi et dimanche, je vais au sport afin de changer d’air et penser à autre chose. En rentrant, je prends ma douche et me prépare à manger, puis je regarde une série avant de dormir. Enfin dormir… C’est un bien grand mot: je finis toujours sur les réseaux sociaux pendant une bonne heure.

J’aime beaucoup l’argent: plus j’en ai, plus je suis heureux. Malheureusement, il est rare que je sois heureux… J’arrive à mettre de côté chaque mois mais je finis souvent par me serrer la ceinture en attendant la paye car cet argent de côté je n’y toucherais pas, je me le suis promis. Je dépense sans compter souvent dans des choses qui ne me serviront pas. Mes plus grosses dépenses partent  dans les fast-foods: c’est la pire des drogues pour moi, je n’arrive pas à m’en sortir. D’ailleurs, ce sont les APL qui financent en partie ces petits plaisirs.

J’aime beaucoup jouer, que ce soit aux jeux vidéo ou aux jeux d’argent. Je ne suis jamais allé au casino. Je pense d’ailleurs que c’est une chance car je pourrais perdre la tête et hypothéquer ma maison afin de rester sur une table de poker. Je rigole, bien évidemment! Je sais garder la tête froide et m’arrêter quand il le faut: c’est d’ailleurs une grande qualité chez moi. Quand je vois que d’autres personnes de mon entourage ne savent pas s’arrêter et finissent par perdre beaucoup d’argent sur des jeux en ligne en pensant qu’ils gagneront le double sur la prochaine partie, ça fait réfléchir. J’étais un  gamer étant plus jeune mais j’ai réussi à sortir de cette addiction. Il fut un temps, je ne vivais que pour ça: j’ai d’ailleurs failli rejoindre une organisation et être payé pour jouer à Call of Duty… J’ai malheureusement perdu en finale contre des Finlandais; depuis, je déteste les Finlandais.

Comme je l’ai dit précédemment, je sais garder la tête froide et je ne ressens pas le stress. Je n’ai pas stressé le jour des résultats du bac, le jour où j’ai passé le code et le permis… Je pense que c’est une grande chance quand je vois certaine personnes perdre tous leurs moyens à cause du stress.

Ma plus grande peur serait de perdre un proche je pense, bien que j’ai aussi incroyablement peur des araignées. Ces animaux de l’enfer me dégoutent et m’effraient. Mon dernier combat contre ces derniers a duré une bonne demi-heure mais j’ai bien cru qu’il avait duré une éternité!

Liste des plaisirs simples de la vie (par Marjorie B.)

J’oublie de jour en jour ce qu’est le goût de la vie (même si je pense le connaitre)… Faire une liste des petits plaisirs de la vie? Vous montrer à quel point la vie vaut la peine d’être vécue? Tout cela me semble irréalisable… Mais j’adore faire des listes. Elles peuvent paraitre bizarres, sans importance ou dénuées de sens mais chacun à ses petits plaisirs donc celle-ci pourrait vous plaire. On y va?

Mon goût de la vie ressemblerait à un café en terrasse, mais aussi aux balades en scoot’ à 3 heure du mat’ à Bastille… regarder tous les graff’ passer aussi vite qu’un clignement d’œil dans le train, faire du bruit avec mes pop corn au cinéma, dire que je ne suis pas une fille « prise de tête » alors que je suis bipolaire, prendre tous les matins le même café dégueulasse au premier Relay du coin, me lever en pleine nuit les matins de décembre, enlever mon soutien-gorge passé le pas de la porte de chez moi, voler des briquets en soirée, faire des recherches sur tout et n’importe quoi, l’odeur des cafés noisette au Campus, regarder une série jusqu’à 8 heure du mat’, faire semblant d’aimer la bière, écouter Rire et chansons, écouter des vinyles ridicules avec mon père, essayer de placer le mot « entourloupe » dès que possible, regarder des biopics ou des Marvel avec les mêmes aspirations que leurs personnages, fumer une clope au balcon coincée contre la fenêtre, jouer de la guitare sur la plage, ne manger que dans des petits bols avec une cuillère…

Ça pourrait être ça? Ou ça pourrait être toutes les fautes d’orthographe que j’ai fait là-dedans? Les petits plaisirs, c’est des choses simples, ridicules parfois, qui nous ressemblent et sont indispensables. Vivez votre vie comme vous le voulez, comme elle vous ressemble. C’est ça, avoir le goût de la vie. Faites votre liste. C’est vraiment cool, les listes.

Les plaisirs simples de la vie (par César J.)

En réponse à la question posée par Françoise Héritier dans son texte autobiographique Le sel de la vie [Et vous, qu’est-ce qui vous manquerait le plus si tout cela devait disparaitre à tout jamais de votre vie?], me voilà à mon tour prêt à réaliser une liste suivant la méthode des surréalistes sur les choses qui viendraient à me manquer si elles disparaissaient. Ces choses vous paraitront insignifiantes ou vous seront inconnues alors qu’elles et moi cheminons ensemble. J’essayerai d’être bref.

Où irais-je sans ma board, que ferais-je sans ces rencontres sur les spots, sans ces bières partagées à trois, sans cette feuille slim en guise de pansement ou sans toi, squeezer, fidèle au poste dans la poche…? une peinture au coin de la rue, un dessin sur une affiche, un sticker sur un poteau, cette sensation d’être observé, ces rencontres tardives et insolites, marcher avec pour seul but de la rejoindre, sauter au dessus du vide, redécouvrir un lieu que je pensais connaitre, entretenir cette collection d’autocollants, ce regard croisé dans le métro qui nous a marqué, profiter de la douce odeur de son parfum, un diner en famille, une discussion avec un proche, le moment où l’alcool délie les langues, ne plus se souvenir de sa soirée, se souvenir d’un baiser volé, une soirée seul à dessiner, une session Vandal entre amis, se servir sans demander, savoir aider ses proches, retrouver un objet sentimental, fouiller à la cave ou même fouiller tout court en fait, se remémorer des souvenirs, qu’on nous rappelle des évènements, ne penser à rien, se sentir loin de ces moldus, la découverte d’un nouvel artiste, l’émerveillement devant une œuvre, un bon brunch le dimanche… Tant de choses encore me viennent à l’esprit mais le temps me manque alors c’est ici que nos chemins se séparent. Essayez ce petit exercice, vous aussi: vous n’en serez pas déçu.

Cannibale improvisé (par Osama T.)

Osama a écrit un récit à partir de la phrase « Je viens de tuer ma femme » extraite du roman d’Emmanuel Pons. Les autres MUC ont trouvé l’histoire un peu glauque… Ils m’ont même demandé « Vous n’allez pas la publier quand même? ». Et si, je la publie parce qu’elle est assez drôle et originale! En plus, je ne vois pas pourquoi je briderai un tel esprit créatif… Si vous lisez cette histoire, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en pensez!

Je viens de tuer ma femme. Je ne rigolais pas quand je lui ai dit que c’était à son tour de faire la cuisine. Voilà ce qui se passe quand une femme désobéit à son mari. Il fallait tout le temps qu’elle me contredise,  qu’elle fasse les choses d’une autre façon que la mienne. Cette fois, elle a bien compris qui était le dominant. Maintenant, je dois penser à la manière dont je vais annoncer son décès à ses parents et plus grave surtout, je dois faire disparaitre son cadavre. Mais avant toute chose, je vais commencer par profiter de ce moment avec elle. Je lui ai tranché les veines afin d’en siroter le sang puis je m’en suis aspergé sur tout le corps. C’est alors qu’à ma grande surprise, un gargouillement s’est fait entendre dans mon corps: c’est que j’avais faim. Par chance, j’avais de la viande fraiche qui gisait sur mon tapis donc je l’ai mise sur le barbecue et je l’ai tailladée  et découpée de façon à faire des brochettes. Ensuite, je comptais appeler ses parents sauf qu’en y repensant, appeler ses parents n’aurait été d’aucune utilité car vu l’heure, je me suis dit qu’ils étaient sûrement en train de dormir. Je leur enverrai un courrier avec les restes de cette femme. Vu que je me suis enfin débarrassé d’elle, il me faut une nouvelle conjointe de préférence maghrébine car elles sont douées pour satisfaire leurs hommes. C’est ainsi que débute mon histoire.

Le camion (par Audrey C.)

Audrey a écrit une courte nouvelle inspirée de faits réels à partir de la simple phrase « Le camion avance », extraite du Dieu des papillons de Jacques Lanzmann.

Le camion avance. Dans cette petite ruelle d’un petit village. Ce n’est pas habituel, de voir un camion de ce gabarit, si haut et si large, emprunter cette ruelle peu connue et si étroite, généralement utilisée comme raccourci par les habitants. Le camion roule doucement, pas plus vite qu’il ne devrait; son allure est même plutôt lente par rapport à la vitesse autorisée. Une jeune femme d’une vingtaine d’années, écouteurs dans les oreilles et sourire aux lèvres, traverse sans vraiment regarder. Elle n’a pas vu le camion pourtant si imposant. Le camion la percute. Le routier s’arrête instantanément. Il ne comprend pas ce qui s’est passé, il ne l’a pas vue: il ne pouvait pas la voir. Cette fille est décédée ce jour-là en partant à l’université comme tous les jours, par le chemin qu’elle empruntait depuis toujours. Le conducteur de ce fameux camion, lui, est descendu de son véhicule, ce jour-là, totalement paniqué. Il a crié en apercevant la jeune fille étendue sur le sol avant d’appeler les secours, en pleurs, sous le choc. Il ne le savait pas encore mais c’était déjà trop tard. Cet homme ne s’en est jamais remis. Une dizaine d’années plus tard, il passe encore tous les mois, à la date de l’accident, déposer des fleurs à cette intersection, devant le panneau Stop installé après ce drame. Cet accident a détruit deux vies: celle d’une jeune fille de vingt ans tout juste, passionnée de natation et pleine de vie, et celle d’une homme d’une quarantaine d’années, père de famille, homme banal et sans histoires. Ses filles ont à peu près le même âge que la jeune fille qu’il a renversée… Hanté par cet évènement, il est incapable de se le pardonner.

Envie de partir (par Camille C.)

Voici une courte nouvelle écrite par Camille. Le but de l’exercice était de trouver une chute surprenante… 

Je lui avais bien dit que je voulais que l’on parte. Je lui expliquais que c’était là-bas que nous pourrions enfin goûter au bonheur, à la légèreté.

Après une longue hésitation, il était finalement d’accord avec moi. Il avait lu dans les livres l’endroit formidable qui nous attendait. Les paysages seraient magnifiques, l’air pur et nous serions désormais en parfaite harmonie.

Nous ne manquerions certainement pas à nos enfants : ils étaient âgés et n’avaient plus besoin de leurs parents à proximité. Et puis, finalement, nous resterions tout de même proches d’eux.

En ce qui concernait nos emplois, ils ne nous manqueraient pas, c’était certain. J’effectuais en effet, depuis toujours, un travail pénible, payé une misère, et en ce qui le concernait, lui, son patron lui faisait vivre un enfer.

Notre vie, ici, était plus un calvaire qu’autre chose : nous devions partir, quitte à tout quitter.

C’est pourquoi nous avons donc, au bout d’un an de réflexion, pris cette décision, aussi magnifique et horrible soit-elle.

Nous nous embrassons sur cette terre une dernière fois et lâchons des pieds le tabouret qui nous soutient, en parfaite synchronie.

 

Je viens de tuer ma femme (par Julien M.)

Julien a écrit un texte plein d’humour à partir d’une phrase tirée du roman Je viens de tuer ma femme d’Emmanuel Pons.

Je viens de tuer ma femme.

Elle le méritait, assurément. Le repas qu’elle avait préparé était insipide et froid. Non seulement elle travaille à mi-temps et en plus de ça, elle fait mal à manger. Le comble !

C’est dommage, j’aurai dû la tuer après qu’elle ait fait la vaisselle et le repassage.

Demain, je ne sais pas comment m’habiller, mes chemises sont froissées. Que vont penser mes collègues quand ils me verront avec mes chemises froissées ?

D’habitude, vers 22h, ma femme me prépare ma gamelle pour le lendemain… Tant pis, j’irai au bistrot avec Michel. Le jeudi, ils font de l’andouillette délicieuse.

Il va falloir que je fasse la vaisselle et en plus de ça, je vais devoir nettoyer le sol tâché de sang.

Bon, on verra ça plus tard. Y a « C’est mon choix » sur Chérie 25 qui démarre dans dix minutes. En plus, c’est un sujet sympa sur les « tue l’amour »…  Ça tombe bien, c’est une drôle de coïncidence.

J’ai encore un dossier à finir pour demain, sinon Jean-Yves va me tuer. Ces contrôles de comptes deviennent vraiment pesants. Vivement la retraite.

Sa mort tombe vraiment mal, il y a tellement à faire dans la maison… En plus de ça, les petits-enfants viennent ce week-end.

J’aurai dû attendre la semaine prochaine avant de tuer ma femme…